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APRIL 18th
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Histoire

Les origines (1390)

La Noble Confrérie de Saint Georges de Bourgogne fut créée en 1390 par Philibert de Mollans en Franche-Comté pour honorer les reliques de Saint Georges qu’il ramena de Terre Sainte. Philibert de Mollans fut écuyer du Duc de Bourgogne. Il est utile d’examiner le développement de cet ordre dans le contexte géopolitique et historique de l’époque. La Bourgogne à l’époque était un duché indépendant, entretenant des relations ambigües avec le royaume de France.

Histoire et légende de St Georges

En 1348, Edouard III adopta George comme patron des chevaliers de la jarretière, son nouvel ordre de chevalerie. St Georges est le saint patron de l’Angleterre et, bien que nous ne sachions que peu de choses sur lui, compte parmi les saints les plus connus de la chrétienté. Selon des sources anciennes, de 322 de notre ère, un soldat de naissance noble fut exécuté par Dioclétien, à Nicomédie, le 23 avril 303. Cependant, aucune mention de son nom, de son pays ou de son tombeau n’est faite. On pense que George avait le grade de tribun et fut décapité par Dioclétien parce qu’il avait protesté contre la persécution des chrétiens par l’Empereur. George fut rapidement vénéré à travers la chrétienté comme un exemple de bravoure dans la défense des pauvres, faibles et de la foi chrétienne.

Les actions de St George, dont ses visites à Glastonbury durant son service en Angleterre, furent traduites en anglo-saxon. A la suite de quoi, il devint le saint patron des soldats après être apparu à l’armée croisée pendant le siège d’Antioche qui se solda par une grande victoire. ON raconta qu’il était apparu à Richard Cœur de Lion durant sa croisade contre les sarrasins et qu’il servit d’encouragement à ses troupes. Il devint le « chevalier parfait » que chaque jeune soldat aspirait à imiter. Ses histoires héroïques légendaires furent progressivement importées de Palestine en Europe par les armées de retour, et ce, jusqu’en Angleterre.

De nombreuses histories semblables furent transmises en Occident par les croisés qui les tenaient des soldats de l’armée byzantine. Ces histoires furent diffusées aussi par les troubadours. En 1191-92, alors qu’il guéroillait en Palestine, le roi Richard I plaça son armée sous la protection de la bannière de St Georges. Cette bannière, une croix rouge de martyr sur fond blanc, allait devenir le drapeau d’Angleterre et l’insigne de la marine royale. Pendant les campagnes d’Edouard III en France en 1345-49, il commanda des banderoles portant la croix rouge sur fond blanc pour le bateau du roi et des uniformes dans le même style pour les gens d’armes.

Les vertus associées à St Georges et aux chevaliers de St Georges de Bourgogne tels que le courage, l’honneur et la fortitude restent encore importantes aujourd’hui. St Georges est aussi vénéré par l’église d’Angleterre, par les églises orthodoxes, par les églises su Proche-Orient et d’Ethiopie. Le tombeau supposé de St Georges se trouve à Lod, prés de Tel-Aviv et un couvent au Caire possède des objets personnels qui, l’on croit, appartenait à Georges.

Il existe plusieurs histories associées à St Georges. La plus célèbre est la « légende dorée » dans laquelle un dragon vivait dans un lac prés de Silene, en Libye. Des armées entières furent défaites par le dragon. Les villageois apaisaient la créature en le nourrissant de 2 moutons par jour. Cependant, quand les moutons se firent rares, ils tirèrent au sort des jeunes filles dans les villages alentours pour remplacer les moutons. Quand St Georges entendu le désarroi des villageois et qu’un princesse allait être dévorée, il se rua contre la bête et la tua d’un seul coup de sa lance. Il fit alors un sermon magnifique et convertit tous les vilageois. Le roi lui donna une grosse récompense qu’il distribua aux pauvres avant de repartir.

St Georges est vénéré dans de nombreux endroits comme l’Aragon, la Catalogne, la Géorgie, la Lithuanie, la Palestine, le Portugal, l’Allemagne et la Gréce, à Moscou, Istanbul, Gênes et Venise.

La Franche-Comté

C’est le très puissant Otte-Guillaume de Bourgogne, qui fut créé comte palatin du comté de Bourgogne en 982. Fils du roi Aubert d’Italie et beau-fils du duc de Bourgogne, il devient donc le premier comte de Bourgogne de la maison d’Ivrée. C’est après sa mort que le comté devient Vassal du Saint Empire Romain Germanique.

Ce n’est qu’au XIIéme siècle, après l’assassinat du comte Guillaume III que son cousin, Renaud III de Bourgogne impose par la guerre le statu quo de Franc Comte à l’empereur allemand Conrad III de Hohenstaufen. Cette indépendance fut de courte durée, L’empereur Frédéric Barberousse reprit le contrôle de la nouvellement nommée Franche-Comté en faisant prisonnier le fils héritier du comte Guillaume IV de Bourgogne et en épousant la comtesse héritière Beatrice. C’est leur descendance, en commençant par Othon Ier de Bourgogne qui assumera la gouvernance de la province.

C’est Alix de Bourgogne qui sort du joug impérial allemand en épousant en 1236 le comte Hughes de Chalon, ramenant ainsi la Franche-Comté dans le giron français. Leur fils Othon IV de Bourgogne est le dernier comte de Bourgogne, il épouse en deuxième noces Mahaut D’Artois, célèbre héroïne des Rois Maudits de Maurice Druon. Leur fille Jeanne II de Bourgogne, comtesse d’Artois et de Bourgogne devient reine de France par son mariage avec Philippe V, Roi de France. Elle ramène donc le comté de Bourgogne dans les possessions royales (un rattachement vite rompu par l’émancipation des ducs de bourgogne de la maison de Valois).

La Confraternité

Philibert de Mollans, seigneur de Mollans, écuyer de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne et maître-visiteur des arsenaux et artilleries des Rois de France et d'Angleterre rentre en 1390 de Terre Sainte et ramène avec lui de saintes reliques de Saint George. Il construit à Rougemont, où il possède une seigneurie, prés de l’église paroissiale, une chapelle. Il convoque alors sa famille et ses amis, tous gentilshommes de la région, pour assister à la dépose des Saintes Reliques dans cette chapelle. C’est à cette occasion que furent déposés les statuts de la Confrérie de Saint Georges de Bourgogne. Les principes fondateurs en furent d’avoir une âme noble et généreuse, d’en entretenir son éclat, de se conserver dans la pureté d’une vraie et entière noblesse, d’entretenir le culte et la piété envers Dieu et l’amour de leur souverain et de leur patrie. Ces Gentilshommes formèrent le cœur de cette confrérie bâtie sur la noblesse, la foi et leur défense. Philibert de Mollans en fut le premier Bâtonnier.

Philippe le bon, imitant l’ordre néo-arthurien de son allié occasionnel, le roi d’Angleterre (Ordre de la jarretière, fondé par Edouard III en 1348 dans lequel Philippe fut admis en 1422) et pour raviver les traditions chevaleresques, fonda l’Ordre de la Toison d’Or en 1430. Comme la Jarretière, les membres étaient limités à 24, en majorité des princes et souverains. Afin de satisfaire l’orgueil blessé de la haute noblesse de Bourgogne, il autorisa Guillaume de Vienne (le premier à recevoir la Toison d’Or), la même année, à créer une Confrérie de Saint Georges de Bourgogne. Il autorisa ses membres à porter leur insigne, une image de St Georges à cheval, tuant le dragon avec sa lance, suspendue à un ruban rouge identique à celle de la toison d’or. Au cours des guerres et de la réunification du duché à la couronne de France, ce second ordre fut détruit autour de 1477. Ses membres survivants furent incorporés dans notre Confrérie de St Georges de bourgogne.

Les membres de la Confrérie devaient prouver 16 quartiers de noblesse et dix générations en ligne paternelle directe, devaient être nés en Franche-Comté et avoir au moins seize ans. Une donation de 300 livres était également nécessaire. Le Gouverneur général était élu à vie par les chevaliers. L’administration comprenait un Prélat, un chancelier, un trésorier et deux secrétaires.

L’Ordre Equestre

C’est donc en 1485 que la confrérie se dota de nouveaux statuts et devint l’Ordre Equestre de Saint Georges de Bourgogne. Au même moment, L’ordre fût reconnu par Sa Sainteté le pape Innocent VIII . Déjà enrichi de privilèges et prérogatives par Philippe le Bon, la confrérie bénéficia de faveurs spéciales spirituelles concédées tant par les pontifes romains que par les hiérarchies des églises chrétiennes orientales. En 1589 les statuts furent même modifiés et les membres de l’ordre doivent désormais faire le serment de vivre et mourir dans la religion catholique, et dans la fidélité au souverain légitime.

En 1648, l’Ordre s’installa à Besançon, la capitale de la Franche-Comté, au lieu de Dole, marquant clairement son opposition au parlement qui y siégeait. L’origine de cette discorde serait une opposition naturelle entre les chevaliers, la noblesse d’épée (très vieille noblesse descendant des seigneurs féodaux ou de familles chevaleresques) et le parlement représentant la noblesse de robe (ayant acquis leur noblesse par achat de charge ou de lettres-patentes). Cependant, on peut aussi penser que ce conflit ait été motivé également par des intérêts politiques et économiques divergents.

Une pièce fut dédiée à l’Ordre dans la tour de Montmartin. Les chevaliers de St Georges furent les seuls nobles de la cité à bénéficier de ce privilége. La confrérie se réunit souvent à Vesoul et le 23 avril à Salin. Puis, les assemblées se tinrent de nouveau à Besançon, au couvent des Grandes Carmes, fondé par un chevalier : Jean de Vienne.

Après l’annexion par la France de la Franche-Comté, Louis XIV choisit de se concilier la noblesse comtoise en tolérant l’Ordre malgré sa résistance pendant la conquête. Le roi de France autorisa les chevaliers à porter leur médaille de St Georges suspendu à un ruban de couleur bleu moiré, identique à celui de l’Ordre du Saint Esprit.

Louis XV et Louis XVI maintinrent les mêmes priviléges et firent même don de leur portrait à l’Ordre avec la mention « Donné par le roi aux chevaliers de Saint Georges de son comté de Bourgogne ». Ces portraits décoraient la salle des chevaliers au couvent des Grandes Carmes. Malheureusement elle fut détruite pendant la révolution française.

Les armes de l’Ordre furent enregistrées en 1696. De nouveaux statuts furent rédigés lors de l’assemblée du 25 avril 1768.

De la revolution à l’abolition

La revolution et les guerres napoléoniennes détruirent virtuellement l’Ordre. Il ne restait plus que 25 membres en 1814. En 1816, lors de la restauration, les survivants se rassemblèrent autour d’un colonel des dragons, Charles-Emmanuel, Marquis de Saint-Maurice (1735-1839), Baron de Chatenois et de Villeneuve, Comte de Saulx et Genevrey, alors maréchal des armées du roi et inspecteur général de la garde nationale.

Les statuts de 1768 sont changés et de nouveaux chevaliers sont créés pour arriver à un total de 78 en 1817, date de la dernière cérémonie d’investiture de l’Ordre.

Tous les Ordres de chevalerie de l’Ancien Régime furent abolis par un décret royal le 16 avril 1824 et les chevaliers n’eurent plus le droit de porter leur insigne. Le dernier chevalier de l’Ordre fut le Marquis Jouffroy d’Abbans qui mourut en 1869.

Jusqu’a nos jours

Mais les chevaliers, après avoir traversé les guerres, les différentes conquêtes, le chaos de la révolution, l’oubli de l’Empire pour renaitre enfin réformèrent l’antique confrérie telle qu’elle était au moment de sa création. Une confrérie de gentilshommes, privée naquit donc juste après cette abolition. Revenus à leur source, les chevaliers continuèrent leurs actions. C’est sous cette forme d’association privée et volontaire que la confrérie survécut jusqu’à nos jours. Elle voulut s’adapter aux différentes époques qu’elle traversât tout en conservant ses traditions et ses valeurs, en vivant l'évangile dans un esprit chevaleresque rénové pour poursuivre ses activités œcuméniques Des le début du siècle dernier, la naissance en Franche-Comté n’était plus une condition d’admission préalable. Durant la première guerre mondiale de nombreux hommes issus de la roture se sont illustrés en se battant auprès des chevaliers qui jugèrent que de telles additions ne pourraient qu’enrichir la confrérie. La nécessité de prouver seize quartiers de noblesse dont dix ascendants pour la tige fut donc assoupli pour pouvoir ces braves gentilshommes des temps modernes.

Durant la deuxième partie du XXème siècle, la Confrérie ne fut pas épargnée par la vague de faussaires et d’usurpateurs. Certains tentèrent d’utiliser la confrérie à des fins personnelles ce qui entacha quelque peu sa réputation impeccable. Mais son éclat ne fut en rien terni. Récemment la Confrérie, sous l’impulsion de son présent Gouverneur Général S.E Louis-François Saumon a pris un essor international avec la création de délégations à travers le monde et l’admission de non-chrétiens dans la classe de mérite de la Confrérie.

Recherches
  • Le délégué pour Israel le Comte Jonathan Sanger di Prusa.
Références
  • Jürgens G. , « Storia dell'Ordine equestre di San Giorgio di Borgogna » , Roma, 1935.
  • Thiou É . , « La noble Confrérie des Chevaliers de Saint-Georges au comté de Bourgogne ».
  • Uyttenhove J., « Ordre souverain de Saint Georges de Bourgogne », Gent, 1960.